Revenir

L’Amtrack s’ébroue lentement puis glisse le long de l’Hudson.
New York laisse déjà place aux rives sages des Taconics Mountains, écrasées par le soleil.
La lumière est si vive qu’elle noie les couleurs du fleuve dans un voile blanc.
Par la fenêtre, je redécouvre ses berges, après 5 ans.

5 ans sans Pando. Une maison en bois, ancrée dans les Alpes autrichiennes. Une vie sans rives qui défilent. Des arbres à couper pour l’hiver et des mois entiers passés derrière des écrans. Le piège qui se referme. Le travail. Les enfants. Leur vie à construire. Et chaque nuit, l’image lancinante d’un petit bateau rouillé et recouvert de neige, quelque part à 6000 km. Qui ne m’attend plus.

La perte de mon père. Son sourire sur nos souvenirs de mer. Comme une muette exhortation à faire demi-tour. Vendre la maison trop grande et abandonner les objets à leur destin d’objets. Reprendre la route.

Dans une heure, je retrouve Pando. Et je le ramène. Par le Saint-Laurent, Terre-Neuve, le Groenland et l’Islande. A mes pieds, une voile neuve et 20 kg de matériel. Mon cœur est incontrôlable. Pas de doute : c’est un rendez-vous amoureux.

 

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